
Les sportifs et danseurs, qui utilisent intensément leurs muscles sont très conscients de l’impact émotionnel sur ceux-ci, à quel point une émotion vient altérer l’énergie globale du corps, à quel point cela peut engendrer une perte de tonicité du muscle.
Il ne faut pas confondre tonicité et force musculaire. La tonicité est la capacité inconsciente et involontaire à réunir l’énergie et la mécanique nécessaire à la réalisation d’une posture.
La force est associée à l’effort réalisé et progressif au titre d’un entrainement volontaire, désiré ou non, en vue d’exercer une durée ou une intensité de performance : développement psychomoteur de l’enfant, tâches répétitives ou entrainement sportif choisi.
Aussi les comédiens savent à quel point une posture est associée à une ambiance émotionnelle. En improvisation, la conscience de la posture va les amener à choisir une ambiance émotionnelle triste ou gaie en fonction de ce qu’il veulent consciemment transmettre.
De la même façon, nous reconnaissons chez autrui une ambiance émotionnelle en lien avec sa posture ou l’activation de certains muscles du visage au profit d’autres. Cela vaut pour les humains comme pour l’interaction avec d’autres espèces animale. Et par extension cela contribue également au phénomène d’empathie.
Ce petit préambule nous mène à ce cas concret qui est extrêmement fréquent et les professionnels du massage comme les receveurs réguliers y sont familiers.
En effet, il est fréquent qu’au cours d’un massage, sans aucune raison, en toute spontanéité, le receveur se mette à »lâcher » son émotion sous forme d’une crise de larmes, de rires, de soupirs ou tout simplement par des borborygmes intestinaux.
J’ai en mémoire Géraldine que j’ai accompagnée jusqu’à son déménagement qui s’est vu offrir un »massage plaisir », c’est à dire un moment de détente qu’elle considérait alors comme un simple loisir.
Au cours de ce massage, Géraldine, au tempérament actif, souriant et équilibré s’est mise à fondre en larmes avec une grande violence intérieure.
Je l’ai rassurée et elle s’est apaisée peu à peu.
Impressionnée par son ressenti, elle reprogrammait un rendez-vous 15 jours plus tard, puis une cure massage bi-mensuelle . Je lui proposais chaque fois un massage différent, plus en phase avec sa problématique pendant 2 mois Au début, elle lâchait des émotions sous forme de sanglots, de moins en moins forts et petit à petit elle devint complètement apaisée. A l’issue de ces 2 mois, elle était devenue beaucoup plus pondérée, plus concentrée, plus en accord avec elle-même, sachant dire non à une surcharge de travail, s’organisant de façon équilibrée entre son travail et sa famille tout en dégageant même un temps de loisirs.
Désormais, en entretien elle s’octroie une heure de massage par mois afin de maintenir ce ressenti durablement.

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